C’était reparti pour normalement huit heures de bus. En réalité on aura mi presque douze heures. En fait, notre voyage était plutôt folklorique. On a prit un bus assez correct à partir de Siem Reap qui s’est arrêté dans une autre ville à mi-chemin pour nous laisser reprendre un second bus. Un jeune cambodgien nous accueille et nous fait monter cette fois-ci dans un minivan. A notre première impression c’était parfait ! Un minivan pour nous trois tout seuls.

Au fur et à mesure que le temps passait sous les quarante-cinq degrés de chaleur, les cambodgiens remplissaient le van de sacs et de cartons. Presque une heure plus tard on a reprit la route pour cette fois-ci s’arrêter récupérer huit jeunes filles cambodgiennes qui on bel et bien rempli le van. Bien évidement la climatisation était cassée il fallait donc se contenter des fenêtres ouvertes pour les prochaines six heures de route. En réalité on a passé un bon moment entouré de ces huit cambodgiennes avec lesquelles on a pu échanger quelques phrases par des mimes ou des mots d’anglais. Tout au long de la route les paysages étaient incroyables. De notre bus, on s’est aperçu qu’il y avait souvent qu’une seule grande route principale par laquelle les motos et camions circulaient. Sinon ce n’était que des petits chemins accessibles à pied ou en moto. Tout autour de cette route principale se trouvait les habitations généralement sur pilotis. On y voyait des montagnes de déchet sous la maison, des enfants nus jouer avec les animaux sur le bord de route et quelques cultures verdoyantes de fruit ou de légumes. Au second plan ce n’était qu’un dessert rouge à perte de vue.

Arrivés à destination dans la ville de Sen Monorom on se dirige vers un hôtel à trois dollars la nuit. Le lendemain matin on prend contact avec l’organisateur de notre trek et vers neuf heures on nous emmène sur les hauteurs de Sen Monorom pour débuter notre randonnée accompagnés de deux guides pour nous trois.

Après trois heures de marche dans la forêt de Mondolkiri, nos guides nous emmènent faire une pause et manger au feu de bois proche d’une cascade. Entre deux sauts dans l’eau on a pu en profité pour  questionner nos deux guides sur leur vie au Cambodge et leur métier de guide qu’ils adorent. Il parlait très bien anglais. Tout au long du trek, ces échanges nous ont permis d’en connaître un peu plus sur la nature, les plantes, les animaux, insectes ou les modes de vie des habitants locaux. On a traversé des paysages complètement différents : des champs de culture en plein soleil, en passant par des petits chemins de terre ombragés sous les arbres de la forêt, des rivières, des collines et même des zones en pleine déforestation qui faisaient hurler de rage nos deux guides.

Au bout de huit heures de marche on finit par arriver dans un petit village local pour y passer la nuit. C’était tout en haut d’une colline, les routes et les maisons étaient rouges de terre et le reste du paysage très vert flamboyant. Il faisait très beau et chaud ce jour-là. Les enfants avaient fini d’aller à l’école et jouaient dehors. Les hommes s’occupaient du bois ou des animaux tandis que les femmes s’apprêtaient à la cuisine. On a passé des moments uniques et inoubliables dans ce petit village. Il était d’ailleurs très bien entretenu et aménagé. Notre guide nous a expliqué que grâce aux revenus des treks et des visiteurs, ils ont pu investir et aider ce village.

Le soir on est invité à manger sur une petite table en bois. J’étais la seule femme à table. Les hommes ont pour coutume de manger ensemble pendant que les femmes préparent à manger et nourrissent leurs enfants. Après le dîner on sent très vite la fatigue et les heures de marche. On part donc se coucher dans les hamacs à l’intérieur de la hutte faite de bois et de paille appartenant à la famille cambodgienne nous ayant accueilli. Cette nuit-là, on entendait tous les animaux de la ferme et les petites bestioles grouiller de partout.

Le lendemain matin on remercie toute la famille cambodgienne pour leur accueil puis on repart pour notre deuxième jour de trek cette fois-ci moins éprouvant. Notre nouveau guide était une femme, une villageoise de la région de Mondolkiri tout comme les deux autres. Elle nous a fait visiter son village et nous a raconté les différents rituels et traditions qu’il peut y exister. Elle nous a montré des champs de riz sur des collines, des cultures de bananiers et d’ananas puis son propre jardin avec là encore des bananiers. Ensuite, sous sa demande, on a coupé quelques branches et troncs de bananiers puis cueilli quelques bananes.

On est reparti en marche avec dans nos sacs les fruits et la nourriture prévue pour le midi. Arrivés sur place, il y avait une magnifique cascade d’eau formant un petit bassin. Elle nous a expliqué par la suite qu’on allait nourrir trois éléphants et qu’on allait pouvoir se baigner avec eux. On était comme des enfants. Avant il fallait aller les chercher dans la forêt parce que ces éléphants étaient en totale liberté. Les gardiens des éléphants, deux jeunes cambodgiens, étaient parti à pied tôt le matin pour aller sur leurs traces à près de trente kilomètres. Notre guide nous avait expliqué que les éléphants appartenaient à une famille qui en avait hérité. Mais comme les coûts d’entretien et de nourriture sont extrêmement important pour trois gros éléphants, ils sont impossibles à endosser pour une petite famille cambodgienne. L’association avec laquelle nous avions réservé notre trek s’occupait donc de reverser directement des revenus aux locaux, aux guides ainsi qu’aux deux gardiens des éléphants pour qu’ils les surveillent, les nourrissent et s’occupent d’eux de manière respectueuse.

La première fois, on était un peu apeurés et impressionnés de leur immensité et de leur force. Surtout qu’on avait les mains pleines de bananes et qu’ils se sont précipités vers nous pour les manger. On sentait presque leur poids sur le sol lorsqu’ils avançaient vers nous. Après quelques minutes seulement, on s’était déjà prit d’affection pour ces trois gros Dumbos.

Après manger, du haut de la cascade, notre guide nous propose de sauter dans l’eau.  Quelques minutes plus tard les éléphants étaient de retour! Ils venaient se baigner dans se petit bassin pour être lavés de la terre et des insectes mais aussi pour se rafraîchir de la chaleur étouffante. On a donc passé presque une heure avec eux dans l’eau à les frotter, à monter dessus et à nager autours d’eux. Un moment presque irréel pour nous. C’est inoubliable.

En fin d’après-midi, on a été nourrir les éléphants pour la dernière fois avec les troncs de bananiers, coupés plus tôt dans la journée et qu’il adorent.

Un dernier au revoir aux éléphants puis aux deux jeunes cambodgiens gardiens de cette forêt et des trois adorables Dumbos. Notre guide nous emmène visiter un dernier endroit : une culture de café et de poivre dans laquelle on y trouvait aussi toute sorte de plantation : des fraises, salades, tomates…  Riche en explications et en découvertes on a encore passé une journée formidable.

Le temps de quitter et de remercier notre guide, on repart pour la ville, Sean Monorom. Il nous restait une nuit et le lendemain on repartait en bus pour le sud de la ville en direction de Sihanoukville et ses plages ainsi que la visite de l’île de Kho Rong.

Pour suivre la suite de notre séjour au Cambodge c’est par ici !

Crédit photo: Vietnamayear + Olivier Dumas

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